Compteur de mots
Compter mots, signes et temps de lecture.
Texte
Repérer la voix passive dans un texte.
Un détecteur conçu pour l'anglais passe à côté de l'essentiel en français.
La passive périphrastique se forme avec être et le participe : « le rapport a été relu par le directeur ». Elle existe, elle est correcte, et elle est nettement moins fréquente en français qu'en anglais.
Quand elle abonde, c'est d'ailleurs souvent le signe d'un texte traduit littéralement de l'anglais. Un lecteur francophone le sent sans savoir l'expliquer.
Le français dispose de deux substituts naturels, et ce sont eux qui posent problème.
Le premier est le pronom « on » : « on a décidé de suspendre le service ». Grammaticalement actif, sémantiquement aussi vague qu'une passive, et beaucoup plus courant.
Le second est la tournure impersonnelle : « il a été décidé de », « il convient de », « il est rappelé que ». C'est la marque déposée du français administratif.
Enfin, la forme pronominale de sens passif : « ce plat se sert froid », « la porte s'ouvre à huit heures ». Celle-ci est parfaitement idiomatique et rarement problématique.
La question utile n'est donc pas « y a-t-il une passive ? » mais « sait-on qui agit ? ».
Un détecteur qui signalerait toute passive comme une faute serait inutilisable.
Quand l'auteur de l'action est inconnu : « mon vélo a été volé ». Vous ignorez par qui.
Quand il est évident ou sans intérêt : « les dossiers sont traités en mars ». Que ce soit l'administration se comprend.
Quand vous voulez mettre l'accent sur l'objet plutôt que sur l'auteur, ce qui est une convention établie dans les textes scientifiques.
Quand nommer l'auteur imposerait une construction alambiquée.
Et dans les textes normatifs, où l'impersonnalité est parfois délibérée parce que la règle s'adresse à tous.
La règle pratique : si vous connaissez l'auteur et que le nommer aide le lecteur, nommez-le. « Nous avons examiné votre dossier » vaut presque toujours mieux que « votre dossier a été examiné », et en relation client cet écart pèse plus que n'importe quelle formule de politesse.
Les détecteurs traduits ignorent les vrais défauts du style administratif français.
La nominalisation. « Procéder à la réalisation de l'analyse » aligne trois substantifs là où un verbe suffirait : « analyser ». C'est le vice numéro un.
Les périphrases creuses : « procéder à », « mettre en œuvre », « effectuer la transmission de ». Toutes se remplacent par le verbe direct.
Les locutions figées de l'administration : « dans le cadre de », « à toutes fins utiles », « sans préjudice de ce qui précède ». Elles occupent de la place sans rien apporter.
La longueur des phrases. Le français admet la subordination, mais un paragraphe de cinq lignes sans point épuise le lecteur.
Et la double négation, très présente dans l'écrit officiel : « il n'est pas exclu que » se dit « il se peut que ».
Il existe d'ailleurs en France un mouvement de simplification du langage administratif, avec des chartes et des guides propres à plusieurs administrations, qui recommande exactement cela : des phrases courtes, la voix active, des verbes plutôt que des substantifs, et le « nous » plutôt que l'impersonnel.
Le test le plus fiable reste la lecture à voix haute. Là où votre langue bute, le lecteur bute aussi.
L'analyse se fait entièrement dans votre navigateur.
Moins qu'en anglais. Ce sont « on » et les tournures impersonnelles qui masquent l'auteur.
Parce qu'ils cherchent la construction anglaise et pas les substituts français.
Rarement. « La porte s'ouvre à huit heures » est parfaitement idiomatique.
Quand l'auteur est inconnu, évident, ou quand l'impersonnalité est délibérée.
Les nominalisations : « procéder à la réalisation de » au lieu du verbe.
Non, l'analyse est locale.